Un policier tué au cours d’affrontements avec des manifestants au Malawi

Un policier a été lapidé à mort mardi au Malawi lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants proches de l’opposition qui tentaient d’empêcher la tenue d’une réunion publique du président Peter Mutharika.

Les violences se sont produites dans la ville de Msundwe (centre), à l’ouest de la capitale, Lilongwe, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police, James Kadadzera.

“Nous avons perdu un policier à Msundwe, tué ce matin par des manifestants et des criminels”, a ajouté M. Kadadzera. Le policier, Usumani Imedi, a été lapidé à mort, a-t-il dit.

Usumani Imedi est le deuxième policier à trouver la mort depuis le début des manifestations au Malawi.

Selon un témoin interrogé par l’AFP, les incidents ont éclaté lorsque la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des protestataires qui bloquaient une route pour empêcher des partisans du chef de l’Etat de se rendre à son rassemblement prévu à Lilongwe.

“Les manifestants ont riposté par des jets de pierres. Dans le chaos qui a suivi, ils ont isolé un policier qu’ils ont tué à coups de pierre”, a poursuivi ce témoin, Ulemu Phiri.

Requête en annulation de l’opposition

Douze personnes accusées de provoquer des troubles ont été arrêtées par les forces de l’ordre. La ville de Msundwe est l’un des bastions des manifestants qui dénoncent les conditions à leurs yeux frauduleuses de la réélection de M. Mutharika en mai.

A la tête du petit pays d’Afrique australe depuis 2014, le président sortant a été crédité de 38,57% des suffrages devant son principal adversaire, Lazarus Chakwera (35,41% des voix), selon les résultats officiels.

L’opposition a déposé une requête en annulation du scrutin auprès de la justice, qui doit se prononcer prochainement.

Ses partisans exigent la démission de la présidente de la Commission électorale, Jane Ansah, accusée d’avoir couvert la fraude. Leurs manifestations ont régulièrement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.

Il y a deux semaines, un Malawite de 29 ans avait trouvé la mort en garde à vue après avoir manifesté à Karonga, une ville du Nord, contre la réélection de Peter Mutharika.

Lors de sa réunion publique mardi, la première depuis sa réélection, le président a appelé à la fin des violences.

“Il s’agit de notre pays. Ne le brûlons pas. Reconstruisons cette nation pour aller de l’avant”, a-t-il déclaré, “le Malawi appartient à tous, je suis le président de tous les Malawites”.

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